Tournage et tournassage, ce que le grès et la porcelaine exigent après le tour

Publié le 21 septembre 2026

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On imagine volontiers que tout se joue au tour. La motte tourne, les mains montent, un bol apparaît. Sauf qu’une pièce qui sort du tour n’est pas une pièce finie : c’est une pièce commencée.

Le tournage et le tournassage du grès et de la porcelaine forment un seul geste étalé sur deux jours.

Voici ce qui se passe entre les deux.

Grès ou porcelaine, quelles différences ?

Le grès est une terre qui pardonne. Elle tient, elle encaisse une pression mal répartie, elle accepte qu’on revienne en arrière. C’est pour cette raison qu’on y apprend à tourner, et c’est aussi ce qui permet de monter de grands volumes, comme au stage tournage grosses pièces.

La porcelaine, elle, demande une main précise. Plus fine, plus blanche, elle mollit dès qu’elle boit trop d’eau et garde en mémoire les tensions qu’on lui impose : ce qui s’est joué au tour ressort à la cuisson, sous forme de voiles et de déformations.

Deux caractères, deux exigences. Mais la logique du travail reste la même : quelle que soit la terre, ce qui se décide au tour ne se révèle vraiment que le lendemain.

Qu’est ce que le tournassage en céramique ?

Le tournassage, c’est le moment où l’on retire de la matière au lieu d’en façonner. La pièce, raffermie depuis la veille, est retournée sur le tour. Une lame entame le fond, les copeaux s’enroulent, et le pied apparaît. La forme trouve enfin son assise, sa finesse, son équilibre.

Ce geste demande d’attendre le bon moment : la terre doit avoir séché juste ce qu’il faut. Trop humide, elle se déforme. Trop sèche, elle fêle. Ce point d’équilibre se joue sur quelques heures, et il arrive plus vite en porcelaine qu’en grès.

D’où le format en deux journées consécutives. On tourne le premier après-midi, la terre raffermit pendant la nuit, on tournasse le lendemain.

Aucun raccourci possible : c’est la matière qui fixe le calendrier.

Voir travailler ses propres pièces à ce stade change complètement le regard qu’on porte sur un objet en céramique. Ceux qui veulent pousser plus loin enchaînent ensuite sur les 30 heures de tournage et tournassage.

Haute température, pourquoi vos pièces deviendront de vrais objets ?

Cuites entre 1 250 et 1 280 °C, le grès et la porcelaine ne redeviennent plus jamais terre. Le tesson se referme sur lui-même et devient imperméable même sans émail. Concrètement, vos pièces passent au lave-vaisselle, au four, et supportent un usage quotidien pendant des années. La porcelaine y gagne en plus sa translucidité, cette lumière qui traverse une paroi de deux millimètres.

La faïence, cuite bien plus bas, reste poreuse et doit son étanchéité à une couche d’émail déposée en surface. La haute température offre donc une tout autre robustesse, et ouvre le champ des techniques d’émaillage haute température.

Deux jours, c’est le minimum que la terre accorde

Un week-end paraît court pour apprendre à tourner. C’est en réalité la durée exacte qu’impose la matière : une séance pour monter les formes, une nuit de repos, une séance pour les tournasser.

Vous en repartez avec un geste dans les mains et la compréhension du cycle complet, du centrage jusqu’à la sortie du four.

Tout commence un samedi à 13 h 30, devant un tour qui n’attend que vous.